Sur un air de dimanche soir

Sur un air de dimanche soir

Il est fascinant d'observer cette ferveur que les gens ont à s'aimer les uns les autres dans un but foncièrement pragmatique. L'amitié est une machination ; un leurre occultant les vices de l'homme, j'entends par là son égoïsme et son arrogance. Prôner l'amour pour blanchir les maux de l'humanité, nous tenons un principe universel ; Et voilà ce qui nous guide et nous caractérise - nos desseins sont le fruit gâté de nôtre orgueil. Nous sommes tous ni plus ni moins les tristes victimes d'une société saturnienne qui subtilement s'emploie à détruire toute once d'espoir ou pire : De bonheur.

# Posté le dimanche 09 novembre 2008 20:05

Modifié le lundi 17 novembre 2008 16:45

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Crise existentielle. La blague. La gigantesque, l'immense blague.

Tu te sens confiné. Tu te penses supérieur, largement supérieur à tout ce petit monde mesquin et insignifiant, suffisant et destructeur, peuplé d'êtres narquois et détestables. Tu veux partir, t'envoler : aller plus loin. Plus loin que tout ça. Tu y arriveras, c'est inéluctable. Tu es motivé, ambitieux, intelligent. Tu es fier d'avance. Tu te projettes avec plaisir dans l'avenir, tu te délectes d'un optimisme démesuré. Tu as hâte, tellement hâte de leur montrer, à tous ces guignols, ces abjects pantins, à quel point tu vas réussir : Toi, l'Elu au pays des trous du cul.

Puis tu réalises. Ce vide intérieur qui te prends un jour, à la gorge, sans prévenir. Cette vacuité inexplicable et saumâtre qui te ronge comme une tumeur au cerveau. Tu ne sais plus où tu vas, du jour au lendemain. Panne de courant : les lumières s'éteignent, et tu es là, comme un con, seul au bord de la route, dans le froid et les ténèbres. Tu redescends subitement de ton effroyable et ridicule petit piédestal. Tu quittes précocement, trop brutalement le monde illusoire de l'innocence dans lequel tu jouissais de tous les espoirs. Tous les rêves étaient permis. Mêmes les plus idiots. D'ailleurs, ils l'étaient tous, les rêves : Ridicules.

Tu te sens con. Bien plus con que tous ces abrutis que tu t'adonnais à mépriser en permanence, du haut de ta petite vie merdique. Car au fond, tu le sais : Tout ce que tu abhorres, ce que tu exècres et critiques chez eux, c'est ce que tu abomines en toi. Tu n'as en fin de compte aucune capacité d'analyse particulière : Tu ne fais que comprendre, à travers ton propre ressentit et vécu, ces comportements sur lesquels tu vomis ta haine depuis des années. Tu as mentis, tu mens et tu mentiras toujours. Aux autres. Mais surtout à toi. Tu es la quintessence de la superficialité, du vice, de tout ce que tu hais le plus profondément. Tu es la reine des manipulatrices, la divine calculatrice, l'impératrice des apparences. Tu soignes le moindre détail : Tout ce que tu as construit, c'est pour les autres. Tu ne sais pas qui tu es. D'ailleurs tu n'es rien : tu es vide. Une âme vide. Un trou béant que tu remplis avec toute la merde qui te tombe sous la main, jour après jour.


Tu étais ton seul allié. Aujourd'hui, tu es ton pire ennemi.


Je n'aimerais pas être à ta place.
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# Posté le jeudi 06 novembre 2008 11:42

Modifié le samedi 08 novembre 2008 18:29